Qui ???

Je ne suis qu'un corps, posé la, qui ne vie pas vraiment, qui tue le temps. Un être, qui écoute de la musique en boucle, qui lit, les yeux à peine ouverts. Un cerveau en ébullition et en questionnement perpétuel. Un c½ur qui essaye d'oublier. Une entité qui respire l'air carboné d'une métropole empli de mégalomaniaques pressés. Un esprit déjanté, dérangé, qui essaye, à travers un blog, de gravir les murs de l'écriture, en y exposant ses folies, sa vision de la vie, ses envies... ce n'est qu'un jeu, un soulagement, un défouloir, un exutoire. Peut-être la curiosité vous poussera-t-elle à venir découvrir les différents personnages qu'y s'y côtoient.

Et si au final tout ça n'existait pas...

# Posté le mercredi 22 octobre 2008 16:55

Modifié le lundi 29 décembre 2008 11:24

Mes goûts

Général:


Musique _ Roller _ Vélo _ Politique _ Information _ Informatique

Musique :


Radiohead _ Indochine _ Jad Wio _ Nine Inch Nails _ Queen _ Placebo _ Marilyn Manson _ David Bowie _ Dionysos _ ACWL _ Daniel Darc _ AqME _ Daft Punk _ My Chemical Romance _ Trash Palace _ The Beatles _ Babyshambles _ Emilie Simon _ Olivia Ruiz _ Yann Tiersen _ Cali _ Depeche Mode _ Foo Fighters _ Franz Ferdinand _ Mika _ Louise attaque _Jeff Buckley _ Muse _ Noir Désir _ Radiohead _ The Cure _ Nirvana _ Sinead O'connor _ The killers _ U2 _ Artic Monkeys _ Susie Arioli _ Alvinn Jett _ Fall out boys _ Superbus _ Good Charlotte _ Bjork _ Greenday _ Offsprings _ Jean-Louis Murat _ Kaiser Chiefs _ Louise Attaque _ Mai _ Mickey 3D _ Nick Drake _ Portishead _ Gainsbourg _ Simple Plan _ Stereophonics _ The kills _ The Libertines _ Warrel Dane _ Les compils de Paris Dernière _ Patti Smith_ Velvet Underground _ Lou Reed


Films :


L'étrange Noël de Mr Jack _ Big Fish _ Batman 1 et Batman, le Défi... en gros tout Tim Burton.


TV :


Southpark _ les Simpsons _ American Dad _ Futurama _ Mon oncle Charlie _ Secrets d'actualité _ Capital _ La matinale de Canal + _ L'effet Papillon _ Dimanche + _ + Clair _ Le Zapping _ NCIS _ Dr House _ Scrubs et d'autres encore...

Livres :


Les mauvaise nouvelles (N. Sirkis) _ Nouvelles (J.D. Salinger) _ L'attrape-C½ur (J.D. Salinger) _ 1984 (G. Orwell) _ Le magasin des suicides (J.Teullé) _ L'herbe bleue, journal d'une jeune droguée _ L'écume des jours (Boris Vian)_ Lolita (V. Nabokov) _ On n'empêche pas un petit c½ur d'aimer (C. Castillon) _ Face aux ténèbres (W. Styron)
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# Posté le mercredi 22 octobre 2008 17:07

Modifié le jeudi 13 novembre 2008 16:06

The dream come true

Il n'en pouvait plus. Il devait s'enfuir, sortir de cette pièce. Des alligators essayaient de lui bouffer les pieds. Les chauves-souris lui attaquaient les oreilles. La porte ouverte, il se retrouvait sur les rames du métro et le souffle coupé s'engouffrait dans les ténèbres.
Jason se réveilla en sueur et en pleurs. Les cauchemars qui habitaient ses nuits ne cessaient jamais. Même l'alcool n'arrangeait pas les choses, et pourtant, il en ingurgitait des litres et des tonneaux. Les somnifères qu'il avait essayés l'empêchaient de se réveiller, et il avançait péniblement de visions troubles en rêves torturés, sans jamais entendre la radio salvatrice qui devait le réveiller.
Ses nuits prenaient le pas sur ses jours. Jason n'arrivait plus que peu à distinguer la réalité de ses fictions. Il avait désormais peur de descendre de chez lui par la cage d'escalier depuis qu'il s'y était fait attaquer par un chien aux longues oreilles. Cette chose ne s'était peut-être pas produite, ou peut-être bien que si. Il ne le savait pas vraiment, mais, en tout état de cause, la vision de cette porte au fond du couloir lui donnait de telles frayeurs qu'il préférait attendre de longues secondes l'ascenseur.
Et dehors, toujours le même cirque. Prendre deux rues à droite et une à gauche. Le chemin vers l'arrêt de bus ne lui en était que plus long, mais les panneaux de circulation au bout des routes plus proches le lui interdisaient. Il se méfiait de ces signaux depuis qu'une nuit d'ivresse, sur une route de Californie, il avait écrasé un chat en prenant un sens interdit. De son voyage en Amérique, il ne se souvenait que de cet instant. Lui qui n'avais jamais pris l'avion, ni quitté Rouen, ne se rappelait de l'étranger qu'au travers d'une vision nocturne qu'il croyait diurne.
L'arrivée au boulot était terrible. Tous ces clous et tous ses vices, réunis dans ce rayon qu'il se devait tant bien que mal gérer, ne cessaient de le hanter. Et ce petit homme moustachu, au chapeau verdi par le temps, qui lui rendait visite quotidiennement pour lui acheter quelques bouts d'acier pointus, le sentait-il vraiment ? L'odeur de ce corps putréfié, qu'il n'avait senti que dix ans auparavant face au cadavre de sa mère, n'était-il pas en fait qu'un pur moment d'irréalité ? Toutes ces questions, tous ses doutes, incessants. Au bord de l'explosion, il sortait prendre son repas. Face à son jambon-beurre frigorifié, il se demandait sans cesse qu'elle était sa réalité. Il ne dormait plus vraiment, ne mangeais pas souvent, ne buvais jamais raisonnablement.
Un jour, pris d'une crise de panique, devant une boutique d'optique, il s'ouvrit les veines, face à une foule en peine. Son acte était-il réussi ? Etait-il toujours en vie ? Face à tant de questions, Jason s'endormit enfin pour de bon.

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# Posté le dimanche 12 avril 2009 16:09

L'appartement

La logeuse ouvrit la porte d'un coup de rein difficile à regarder. Cette bonne femme de 35 ans qui en paraissait vingt de plus puait la gangrène. Sous son visage vérolé apparaissait une poitrine opulente, qui aurait pu être succulente si elle n'avait pas surplombé la graisse qui recouvrait l'ensemble du reste de son corps. Ses vêtements donnaient l'impression d'avoir été portés par ses aïeuls tant ils sentaient le renfermé et étaient reprisés de tout côtés.

- C'est l'appartement, dit-elle de sa voix de mère maquerelle.
- Pourquoi l'ancien locataire est-il parti ?, demanda Claude.
- Bah ça, pour être parti il est parti le bougre. On l'a retrouvé pendu juste la, au d'ssus d'ou vous vous tenez. Et cette raclure, il a même pas payé le dernier loyer.
- ...

Un suicidé... Il était moins effrayé par l'idée de vivre dans cette grande pièce verdie par la moisissure, que par l'idée de devoir croiser cette femme tous les jours.

- Et c'est combien pour louer ?
- 40 la semaine en été, et 60 en hiver.

Bien qu'il fût dégouté de la pratique bien désagréable de l'augmentation du prix des loyers en hiver, période ou tous les salaires baissent suite au gel des usines, il fut bien obligé d'accepter. C'était ça ou continuer de vivre dans la cave qu'il louait depuis six mois.

Il emménagea le jour suivant, ramenant difficilement de son ancien logis, une table basse, deux chaises et le matelas qui le suivait depuis son enfance. Des les premiers instants, il fut frappé par l'odeur qui se dégageait des murs. Une odeur de vielle friture à la végétaline et de choux de Bruxelles, à laquelle il ne pouvait s'empêcher d'associer l'image de la logeuse. « La grosse avait du asperger les murs de bonnes odeurs avant la visite d'hier, pensa-t-il ».
Pour oublier, il déballa le flambophone qu'il venait tout juste de s'offrir. Cet appareil merveilleux et qu'il désirait tant, lui permettrait de pouvoir écouter de la musique. Il posa un disque d'argile sur la plaque d'acier, pris une allumette et fit s'illuminer le flambeau. La chaleur dégagée par ce dernier permettait de faire rougir l'acier qui faisait trembler le disque. De celui-ci se dégageait des sonorités qu'il avait longtemps recherchées.

Les jours suivants, l'appartement pris différentes couleurs, au gré de ses humeurs. Gris foncé, quand il était heureux d'avoir pu aller boire une bière avec ses amis, jaune verdâtre après être rentré fatigué de l'usine. Toujours des couleurs tristes et sombres qui lui rappelaient les ambiances cauchemardesques de ses nuits enfantines. Ce qui lui paraissait le plus incroyable, était que ce lieu avait une incidence sur la musique qu'il voulait écouter. Le flambophone, ne lui obéissait plus, il était contrôlé par l'appartement. De sinistres sons en sortaient les soirs ou il n'avait pas le moral, et des cris de douleurs de gens mourants sous les bombardements quand il se sentait bien. Quoiqu'il se passe, l'appartement faisait tout pour le tirer vers le bas. Les odeurs s'accentuaient au rythme ou il s'y habituait. Malgré tout, il ressentait de plus en plus le besoin de se recroqueviller au sein du lieu. Il s'y sentait en sécurité. Il loupait de plus en plus souvent des journées de travail. Ne voyait plus ses amis. Quand il osait sortir, l'appartement le lui rendait. En rentrant, il voyait son nom en lettres de sang sur les murs, et ceux-ci puant le cadavre de chien, se rapprochaient pour l'enlacer et lui presser les poumons, jusqu'à son endormissent comateux.

Un jour où il se réveilla, après avoir passé une semaine allongé sur les carreaux froids du carrelage, il remarqua une lettre sur le sol. Sa fiancée du moment le quittait. Elle ne supportait plus son attitude. Il refusait obstinément de lui ouvrir la porte, bien qu'elle tinta maintes et maintes fois la cloche devant l'entrée afin qu'il lui ouvre. Réalisant qu'il n'avait jamais entendu la moindre personne venir le sonner, il se sentit comme un rat pris au piège et décida de s'enfuir. Il chercha la porte, elle n'y était plus. Tâtonnant les murs afin de retrouver la poignée, ceux-ci se teignirent en noir. En courant vers la fenêtre, il la vit s'évaporer. De plus, il régnait comme un silence de mort et plus aucune odeur ne se dégageait des murs. Il cria pour que la logeuse vienne, mais même le son de sa voix était recouvert par l'appartement. Au bout d'un moment, après avoir tant pleuré et s'être arraché les ongles et brisé les doigts à essayer de creuser le sol terreux, une lueur apparut. Une petite ampoule en forme de serpent se balançait joyeusement au plafond. Le flambophone se mit en route, entonnant la marche funèbre. Le flambeau de l'appareil éclaira la chaise posé au milieu de la pièce vide, et, quand il leva les yeux, aperçut le n½ud coulant qui au dessus d'elle, l'appelait.

# Posté le dimanche 25 janvier 2009 06:40

Le temps

Et nous n'avons pas eu le temps. Nous ne nous sommes pas laissé le temps de nous offrir une chance. Nous nous sommes regardés, nous nous sommes appréciés. Je suis parti trop loin, quand tu en étais resté au même point. Mais ta vie continue. Dans de brèves apparitions j'en fais parti. De courts moments qui me laissent une fois terminés, face à leurs regards amusés de pitié. En général, des que tu es partie, ils viennent tous me voir, savoir comment je vais. Mais ils le savent bien que rien n'est plus pareil. Je ne retrouve plus le sommeil. Alors, ils me droguent, ils m'attachent, et je pleure. Puis j'attends. Je t'attends. Je vois le temps, notre ennemi. Souviens-toi quand nous étions enfants, il ne semblait pas nous fuir comme maintenant.
Puis, au bout d'un moment, tout recommence, comme avant. Les cours de création artistiques et leurs macaronis colorés, collés sur des assiettes en papier et leurs ballons enduits de papier mâché. Les repas au réfectoire aux gouts de brocolis aseptisés et de viande de b½uf prédigérée. L'atelier cuisine, ou l'on confectionne toujours le même pudding. Les ballades dans le jardin, vers mon coin potager, au bec, une clope mal roulée. Et les soirées télé, à s'extasier devant un animateur enjoué de les faire gagner. Tout est amer. Les nuits, je dessine ton visage, et j'écris des légendes. Parfois tu te ressembles trop, et ils doivent accourir, ils doivent reprendre le pinceau enfoncé dans ma jambe, je voudrais dessiner tes contours avec mon sang. Ce soir encore je suis camisolé, légèrement drogué, la vision troublée. J'ai dessiné une photographie de toi, mais tu ne me parlais pas, et ça m'a fait mal. Je ne voulais plus te regarder, mais ne pouvais pas t'effacer, alors, j'ai enfoncé le pinceau, très fort et très loin. Mes cris les ont alertés. Ca m'a fait mal de ne plus rien voir.

# Posté le lundi 29 décembre 2008 17:43